Étudier en Belgique, l’expérience d’Inès, future orthophoniste

Parfois, il est nécessaire de partir de France pour faire les études qui nous passionnent… Après le bac, Inès s’est installée en Belgique pour étudier l’orthophonie, elle nous raconte tout.

Photo de Inès étudiante en orthophonie en Belgique

Inès, parle nous de toi…

Je m’appelle Inès, j’ai 23 ans, je suis originaire de Marseille et je fais mes études d’orthophonie en Belgique, à Liège. Je suis actuellement en dernière année. Là-bas on appelle ça la logopédie. Dans ce domaine, les étudiants sont à 95% des filles, et certaines viennent même de très loin, comme l’île de la Réunion. Elles essaient d’abord d’obtenir un concours en France, mais elles doivent parfois finalement s’installer en Belgique (le changement de climat ne doit pas être facile à vivre, pour moi c’est déjà une vraie torture).

Qu’est-ce qui t’a poussée vers ces études ?

J’ai toujours voulu être orthophoniste; j’ai fait un bac littéraire, puis une année de préparation au concours en France. Celui-ci ne représente pas du tout les études d’orthophonie; il s’agit uniquement d’apprendre des tonnes d’informations, parfois utiles (sciences, grammaire), parfois moins pour la formation (culture (très) générale). Il faut bien trier les candidats d’une façon ou d’une autre… Sachant que le numerus closus est très faible : il y a un concours par académie et en moyenne seulement trente reçus sur deux mille candidatures. Ce concours est très aléatoire et très difficile (on m’a par exemple demandé l’année du décès d’Alain Bashung ou le nombre d’albums de Michael Jackson…). Pour ceux qui le réussissent, c’est parti pour cinq ans d’études (contre quatre il y a encore quelques années). Pour les autres, il faut recommencer.
Après avoir fait le tour de France des concours, j’ai vite compris que si je voulais exercer le métier de mes rêves, je devais partir.

Est-ce difficile de s’inscrire en Belgique ?

C’est un parcours du combattant administratif ! Il faut obtenir une équivalence du diplôme du baccalauréat avant une date précise pour qu’il soit valable dans toute l’Europe.
Ensuite en Belgique, il existe deux cursus distincts pour l’orthophonie : l’université en cinq ans, et la Haute Ecole en trois ans. À l’époque, il y avait un tirage au sort réservé aux non-résidents belges pour entrer dans l’un et l’autre.
Je n’ai pas été sélectionnée au tirage au sort, j’ai donc choisi de m’inscrire en fac de psychologie, qui a un tronc commun avec l’orthophonie. Je me suis dit qu’à la fin de ma licence je serais considérée comme résidente belge (automatique après 3 ans de résidence) et que j’aurais ensuite la possibilité d’intégrer une passerelle, et enfin le Master de Logopédie. Je suis encore étonnée de ma motivation à ce moment-là car il fallait compter six ans.
Heureusement, ce système (non conforme aux principes de l’Union Européenne) a changé pendant ma première année de psychologie. C’est désormais « premier arrivé, premier servi » : étant déjà sur place j’ai pu déposer mon dossier rapidement et faire ma rentrée en Haute Ecole l’année suivante.

Et depuis, comment se passe ta vie d’étudiante expatriée ?

Liège est une ville agréable, les belges sont des personnes accueillantes et sympathiques. C’est une ville étudiante très vivante où il y a beaucoup de français, en particulier étudiants en médical et paramédical (ça veut tout dire !).
Les études de logopédie sont assez intensives puisqu’elles ne durent que trois ans, donc tout est condensé : pendant leur durée, on met sa vie entre parenthèses, surtout quand notre famille et nos amis habitent loin comme dans mon cas.
En plus, j’ai un job étudiant dans un fast-food le dimanche pour aider mes parents à financer mes études… Cela ne me laisse pas beaucoup de temps libre.

Qu’est-ce que ce déménagement t’a apporté ?

Je suis partie de chez moi à dix-neuf ans un petit peu sur un coup de tête, un petit peu en touriste et j’ai grandi d’un coup. En un mois je suis devenue indépendante, moi qui était plutôt du genre plan-plan.
Et puis, ces études m’ont permis de faire des rencontres géniales : belges ou françaises, nous avons toutes une vraie passion pour ce métier.

Quelles erreurs de parcours aurais-tu pu éviter ?

J’ai le sentiment d’avoir perdu mon temps et mon argent en prépa. Cette année a été une source de stress et de fatigue vraiment inutile : à mon avis ces concours ne sont pas fait pour les jeunes bacheliers mais plutôt pour des personnes avec un minimum d’expérience de vie. Pas forcément adultes, mais ayant une meilleure capacité de travail et une grande ouverture sur le monde.
Je me rends compte maintenant qu’à l’époque je n’étais pas assez mature pour savoir de quelle façon procéder, je manquais clairement de curiosité et de méthodologie.

Maintenant que tes études touchent à leur fin, est-ce que tu vas revenir en France ?

Oui. En priorité pour obtenir l’équivalence de mon diplôme car les lois changent tout le temps, et j’ai peur que la France ferme la voie aux expatriés qui veulent revenir. Je ne veux pas prendre ce risque. Et bien sûr parce que ma famille, mes amis et surtout le soleil me manquent !

Une équivalence ? C’est-à-dire ?

L’équivalence consiste à effectuer plusieurs stages dans des domaines précis choisis par une commission en fonction de ceux qui n’ont pas été approfondis durant le cursus belge.

Tu n’auras pas de mal à entrer dans le monde du travail ?

Je ne pense pas rencontrer de difficultés. C’est un métier où il n’y a pas de chômage. Au contraire, il y a même une pénurie d’orthophonistes. Mais une énorme vague de françaises débarque des écoles belges et cela va permettre de renflouer la profession.
Pour le moment, les « listes d’attentes » des orthophonistes pour les prises en charge sont souvent de plusieurs mois donc tant mieux !
Ce qui facilite aussi l’intégration, c’est que nous pouvons travailler dans toutes sortes de structures (en cabinet libéral, hôpital, à domicile, maison de retraite,…), au contact de populations très variées, des nourrissons aux personnes âgées.

Au final, qu’est-ce que tu conseillerais au futurs orthophonistes ?

Je conseille à tous les jeunes motivés et passionnés de foncer parce que c’est une super expérience. Cela peut être très difficile moralement et j’ai vu beaucoup de françaises abandonner en cours de route et rentrer au pays. Soit parce qu’elles se sont rendu compte dès les premiers stages que ça n’était pas pour elles, soit parce que la distance était simplement trop dure à supporter dans des études aussi intenses. Il faut avoir les nerfs solides. Mais comme je dis à toutes les « nouvelles » avec qui j’ai pu discuter: « Si moi j’y arrive,… c’est faisable!! »

Merci Inès et bonne chance pour la dernière ligne droite !

En savoir plus sur le concours en France : le site devenir-orthophoniste.fr
En savoir plus sur la formation en Belgique : le site de la Haute Ecole de Liège

En bonus, Inès partage son « Petit Lexique pour survivre et ne pas passer pour un demeuré en Belgique »

Baraki : C’est une insulte. Un baraki est un homme ou femme à l’aspect douteux, très négligé, de la famille du « beauf ».
Biesse :
idiot(e)
Bloque :
session de révision avant des examens
Bourgmestre :
Maire
Brun :
Marron (ça peut paraître bête, mais ne vous avisez pas de demander le crayon marron à un enfant ; il ne comprendra pas, ou dans le meilleur des cas, vous corrigera)
Capoule :
Frange
Chique : Bonbon (un bonbon est un gâteau ATTENTION on ne plaisante pas avec ça!)
Crollé : Bouclé
Dîner : Déjeuner
Drache : Grosse pluie
Essuis : Serviettes de toilette
Fort : Très (ouais, au début, on a l’impression de discuter à une garden party)
Gsm : téléphone portable
Guindaille : Fête étudiante
J’ai bon là : je n’ai ni froid ni chaud, mon corps est à température parfaite.
Kot : logement étudiant
Latte : Règle
Mallette : Cartable
Moi bien : Moi oui (ex: – Tu aimes le chocolat? -Non -Moi bien!)
Nenni hein! : Non, non, non, je ne suis pas d’accord avec ça!
Nonante : Quatre-vingt dix (faut s’y faire)
Oufti : interjection qui ne veut rien dire, pour exprimer sa surprise ou son mécontentement. plus ou moins « Putain »
Plumier : Trousse
Poronne : Insulte envers une fille, synonyme de « pét*sse » ; ça peut néanmoins être amical.
Savoir : Pouvoir
Septante : Soixante-dix (oui, d’accord, c’est eux qui ont raison…)
Souper : Dîner
Tantôt : Tout à l’heure, à tantôt : à tout à l’heure
Tirette : Fermeture éclair

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Partir vivre en Australie, l’expérience de Jeanne

Bonjour !

Partir vivre en Australie fait rêver beaucoup d’entre nous. Jeanne a sauté le pas et nous raconte ce changement de vie.

un quocas à Rottnest Island

Rencontre avec un quokka sur Rottnest Island, une île à ne pas rater à Perth !

Jeanne, parle nous de toi…

Je m’appelle Jeanne, j’ai 23 ans, je suis originaire de France, et j’habite et travaille actuellement en Australie en Permis Vacances-Travail.

Je viens d’une famille de voyageurs, dès mon plus jeune âge mes parents m’emmenaient, mon frère et moi, voyager dès qu’on le pouvait. Forcément, quand on commence, on ne peut plus s’arrêter. A mes 20 ans j’avais déjà pu découvrir l’Australie, la côte Est des Etats-Unis, le Québec, quelques îles, le Burkina Faso, et une grosse partie de l’Europe.

Je suis une passionnée de la peinture et l’illustration (vous pouvez voir son travail sur son site jeannepouliquen.wordpress.com). J’aimerais pouvoir en vivre un jour, mais je ne suis pas pressée, mon objectif principal reste le voyage et la découverte du monde.

Je parle couramment anglais et français, et suis actuellement en train d’apprendre l’espagnol et l’allemand. Car je veux découvrir les gens, les coutumes, les paysages, mais aussi apprendre les langues !

Quand es-tu partie ?

Je suis arrivée le 3 octobre en Australie, pour 1 an. Il m’a fallu du temps mais j’ai trouvé un travail, dans un studio de tatouages. Je gère l’accueil, les clients, les réservations, les paiements. Le côté administratif donc. C’est un boulot cool, je ne vais pas m’en plaindre ! Le seul hic, c’est que c’est du « casual », en gros je ne travaille que quand ils ont besoin de moi. Ça peut être toute une semaine d’affilée en plein temps, comme 3h par ci par là. Je suis donc à la recherche de quelque chose de plus stable.

Est-ce que tu avais ce projet depuis longtemps ou bien t’es tu décidée sur un coup de tête ?

Mon frère vit au Canada depuis plusieurs années, il est sur le point d’avoir la nationalité. Avant, il a passé 6 mois en Espagne puis 6 mois en Australie pour ses études et ses stages. L’idée de partir de chez moi a commencé à me travailler rapidement, parce qu’il me manquait beaucoup. Je suis allée le voir plusieurs fois à Montréal et suis tombée amoureuse de la ville.

Qu’est ce qui t’as décidée ?

C’est l’été 2013 qu’il y a eu le déclic. Il est venu une semaine en France et m’a dit qu’il était temps que je quitte le cocon familial, que je prenne mon envol. J’ai rapidement pensé au PVT, adapté à ma situation. Mais je ne voulais pas partir seule, pour une raison simple : j’avais peur ! Quoi de plus effrayant que de quitter ses parents, quand on n’a pas encore été séparé d’eux plus de 90 jours, surtout si c’est pour les quitter toute une année.
J’en ai parlé à des amis, par hasard, lors d’une soirée, qui m’ont dit qu’ils voulaient également partir au Canada. Il ne m’en a pas fallu plus : j’ai commencé les démarches pour le PVT Canadien.
Finalement, pour des raisons personnelles, ils ont dû annuler. Mais entre temps, j’avais trouvé d’autres personnes pour se joindre à moi dans ce voyage. Nous nous sommes finalement retrouvés à cinq, prêts à partir. Il ne manquait plus que l’obtention du PVT.

Le PVT Canadien est assez difficile à avoir, c’est un peu une loterie. Et effectivement, les résultats furent décevants : un seul d’entre nous l’a eu immédiatement. Un autre ne l’a pas eu. Le reste, sur liste d’attente.

A ce moment là, j’étais très déçue. Je ne me voyais pas attendre indéfiniment qui pourrait ou ne pourrait pas venir réellement. Je voulais partir, avec eux, tous.
J’ai pris sur moi de changer le programme, au lieu du Canada, ce sera l’Australie !

Pourquoi l’Australie ?

C’est simple, quitte à partir de chez moi, je voulais commencer par un pays où j’y avais de la famille. Au Canada j’avais mon frère. En Australie : ma cousine, mon oncle et ma tante. C’était l’occasion idéale pour renouer avec eux, que je n’avais que trop peu vus dans ma vie.
Les copains étaient d’accord pour cette nouvelle idée. L’avantage de l’Australie : pas de quota pour le PVT. Tu postules, tu paies, tu l’as. Point barre.
La machine s’est mise en route.

Paysage Australie

Comment t’es-tu préparée pour ce grand changement ?

Avant de démarrer quoique ce soit, je me suis renseignée sur de nombreux sites qui recensaient les diverses étapes, les choses à ne pas oublier, les points importants. En particulier via le site pvtistes.net. J’ai tout noté, dans les moindres détails. Ça m’a pris deux bons mois, mais ça valait le coup, pour ne rien oublier, être préparée, pouvoir gérer tout ça avec le moins de stress possible. Pratiquement tout mon temps libre était axé sur la recherche d’informations.

Le budget, on ne le choisit pas, il est fixé par l’Australie. Pour partir en PVT, il faut avoir une certaine somme d’argent sur son compte. Donc pour partir, il faut économiser, se serrer la ceinture ! Chaque centime compte quand on entreprend un tel voyage. Finit les achats impulsifs, le shopping, ou tout ce qui n’est pas nécessaire. Quand on a peu de moyens comme moi, la meilleure façon de mettre de côté, c’est de calculer les achats nécessaires, de prévoir une marge et de ne pas toucher au reste. J’ai énormément travaillé pour pouvoir augmenter au maximum mes économies, et ça valait le coup !

Première étape : le PVT.

Obtenir le PVT n’est pas difficile, il s’agit juste de pouvoir réunir certains papiers nécessaires et de remplir un questionnaire. Et de payer, bien évidemment.
J’ai listé tous les papiers et informations qu’il me fallait, afin de commencer les démarches avec le moins de difficultés possibles. De ce fait, en une soirée, tout les PVT étaient demandés, et obtenus.

Deuxième étape : le billet d’avion.

J’ai cherché pendant plusieurs semaines sur beaucoup de site différents (car il ne faut pas croire que les sites qui répertorient toutes les compagnies vous donnent forcément les tarifs les moins chers). J’ai fini par trouver le billet idéal, peu cher, avec une bonne assurance, sur un petit site pas très connu. C’est comme ça que la date de départ a été choisie, en fonction du prix du billet. Nous avions une idée de base, entre septembre et octobre 2014, mais rien de plus. Le billet nous donnait donc un départ pour le 1er octobre.

Troisième étape : l’assurance.

Il est nécessaire d’avoir une assurance adaptée, dite assurance pvtiste, pour pouvoir partir. Voilà une étape qui m’a pris beaucoup de temps. Il me fallait éplucher toutes les assurances proposées, dans les moindres détails, afin de trouver la meilleure au niveau qualité-prix, celle qui nous était la plus adaptée sans pour autant payer une fortune. Et c’est très long tous ces contrats et comparatifs, il s’agit de milliers de pages à lire ! Pour être sûre de ne pas être bernée, pour chaque assurance j’ai envoyé des messages à d’autres pvtistes, pour avoir leur témoignage et leurs conseils. J’ai pu éliminer plusieurs assurances de cette manière.
Pour départager les dernières restantes, j’ai téléphoné directement aux assureurs et leur ai posé beaucoup de questions.
J’ai eu l’aide d’une amie, qui a regardé tout ça de son côté aussi. Lire tout et tout récapituler à deux, chacune de son côté, nous a permis de voir à côté de quoi on passait. Car quand on lit des milliers de pages plus qu’ennuyeuses, on finit forcément par passer à côté de quelque chose.

Attention cependant, choisir l’assurance est important, mais il ne faut pas la prendre en avance. C’est généralement facile à obtenir, un petit questionnaire via internet, mais il faut la prendre à la fin, car c’est lors du paiement que l’assurance commence et vous couvre pour 1 an.

Quatrième étape : la valise, le bagage à main.

Ça parait anodin, mais bien préparer sa valise est important. Déjà, le poids. Il varie en fonction des compagnies. Certaines tolèrent 30kg, d’autres 23. Certaines acceptent 2 bagages à main/en soute, d’autres qu’un. Le poids de la valise est donc la première chose à prévoir, ainsi que la taille et le poids du bagage à main.
Il faut aussi lister, pour ne rien oublier d’important.
En ce qui concerne la médication, chaque traitement de plus de 3 mois nécessite d’être accompagné d’une ordonnance, en anglais et en français, au cas où il y a un contrôle. Se faire envoyer des médicaments est assez délicat, il est plus simple de partir avec le traitement pour un an.
Pour le bagage à main, il fallait penser que nous avions 36 heures de trajets. C’est long, alors autant prévoir de quoi s’occuper. Il est aussi toujours préférable de mettre les appareils électroniques avec soi, en cabine, appareils photos, ordinateurs, téléphones, et ça pèse lourd !

Cinquième étape : divers.

J’ai accordé les dernières semaines à tout le reste. Ça englobe : la lecture des accords France-Australie (toujours mieux de savoir réellement de quoi il s’agit), les documents concernant les douanes (bon à savoir quand on est fumeur, par exemple), le prix de certains produits sur place (permet de faire des choix pour sa valise, ce qu’on prend, ce qu’on laisse et qu’on achètera sur place), le plan de la ville et les transports en commun (pour commencer à se familiariser), la lecture de guide touristique sur la ville (pour commencer à prévoir), et bien d’autres choses, d’autres détails, mais il serait trop long de tout lister ici !

Est-ce que tu as rencontré des difficultés avant de partir ?

Les difficultés que j’ai pu rencontrer avant de partir étaient pratiquement toutes liées au stress.
J’avais très peur de quitter ma famille, mes animaux, ma maison, mes habitudes, tout. J’étais en couple depuis presque sept ans, alors partir pour une année entière sans lui, c’était la panique.

Je n’avais pas réellement pratiqué l’anglais depuis presque un an, la langue m’inquiétait aussi. Je craignais malgré tout d’avoir oublié de faire quelque chose, un papier important.
Beaucoup de choses me stressaient, et j’étais très fatiguée, je travaillais énormément et passais tout mon temps libre sur l’organisation. Stress et fatigue ne font pas bon ménage.
J’ai essayé de garder la tête haute et de ne pas trop manifester mon stress : ce fut une erreur. Mes amis n’ont pas pu voir à quel point j’étais anxieuse, du coup je me sentais un peu seule. Mais mon objectif était le départ, je me focalisais dessus. L’arrivée en Australie était pour moi la possibilité de prendre le temps de me reposer, de prendre soin de moi, de faire ce que je voulais, de retrouver ma famille. Je me suis concentrée dessus et j’ai pu aller jusqu’au bout sans trop de dégâts !

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Comment tu t’organises au quotidien, est-ce que tu fais des études ? Tu travailles ? Tu as le temps de visiter le pays ?

J’avais préparé mon arrivée avec des objectifs : trouver un logement et un travail. À partir de là, je pouvais commencer à sortir. L’idée c’était de garder mes économies pour pouvoir profiter un max dès que j’aurais un boulot. Pas de tout dépenser dès le début et risquer de devoir rentrer en France, faute d’argent. Il me fallait rester concentrée, pour garder la motivation. Plusieurs dizaines de CV par semaine, c’est le minimum pour pouvoir trouver un boulot ! Ça peut paraître frustrant de commencer un voyage comme ça, mais ça permet de profiter en toute tranquillité après, sans gaspiller d’argent.
Nous avons trouvé une maison au bout d’un mois environ. Une grande maison, bien placée, plus que ce que je pouvais espérer ! Trouver un travail fut plus difficile, mais c’était prévu. Pendant l’organisation du voyage, j’avais signalé qu’il faudrait entre un et plusieurs mois pour en trouver un. J’ai trouvé mon job en trois mois. Certes il n’est pas très stable, mais ça me suffit pour le moment.
Je continue donc de chercher quelque chose de plus fiable, ou un autre boulot en « casual » pour cumuler les deux, mais maintenant je bouge ! Festivals, mer, sorties, expositions, animaux, parcs, etc etc, tout est déjà bien planifié.

Est-ce que tu te sens expatriée ou bien es tu déjà chez toi ?

Je me sens ici chez moi. Je n’ai aucun problème avec la langue, c’est un avantage non négligeable. Parfois je ne me souviens même plus si j’avais dit telle ou telle chose en anglais ou en français, c’est amusant.
J’ai retrouvé ma famille Australienne et ai pu renouer avec eux, ils m’ont présenté beaucoup de gens, plus adorables les uns que les autres.
Ici, à mes yeux, tout est plus simple qu’en France. L’administratif est plus facile, et plus « réglo ». Les gens sont plus ouverts, accueillants, souriants, drôles ! Imaginez-vous pouvoir discuter en ligne avec une personne du service client internet, parce que votre connexion à un problème, et, en 30 min, régler le problème. De plus avoir des indemnités et plaisanter en vous disant : « Batman et Robin des connexions » avec cette personne ? Et bien c’est possible ! Je pourrais passer des heures à flatter les gens d’ici. Chacun de mes échanges, que ce soit au supermarché, par téléphone, en entretien d’embauche, en soirées, furent juste cools.

Je ne peux pas réellement trouver de points négatifs, autres que personnels. Ma famille me manque, mes animaux me manquent, mes amis me manquent, mais c’est normal.
Le climat est un changement difficile, s’adapter à une telle chaleur n’est pas évident, mais ça aussi c’est normal. Seul un de mes amis avec qui je suis partie est toujours avec moi ici, tous les autres ont dû rentrer en France pour des raisons personnelles. Voilà le point négatif que je pourrais trouver. Car ils me manquent beaucoup, et ce que je découvre maintenant par mes sorties, j’aurais aimé le découvrir avec eux. Mais là encore, c’est une raison personnelle. Je n’ai rien à trouver de négatif sur ma vie en Australie.

Est-ce qu’il y a eu des changements dans ta façon de voir les choses ou dans ta façon d’être ?

Ce départ aura été une source de changements.
Peu de temps après mon arrivée, je me suis séparée de mon petit-ami. C’était très dur. Presque sept ans terminés, et par Skype qui plus est. J’ai été très malheureuse pendant beaucoup de temps, je me sentais très mal. Je me suis entièrement consacrée à la recherche d’une maison pour essayer de penser à autre chose. Je passais mes journées sur l’ordinateur, à chercher, réserver, puis je sortais visiter, je remplissais les papiers et ainsi de suite. Ça n’a pas aidé plus que ça, j’étais dans un mal-être constant, et j’étais loin de mes parents. Le début de ce voyage a été très difficile. Beaucoup de choses à gérer, et cette situation en plus, c’était un peu trop.
D’où mon changement capillaire ! Je m’étais coupé les cheveux courts avant de partir, afin de ne pas trop souffrir de la chaleur ici, et d’en faire don à une association. Mais après ma séparation, j’avais plus qu’envie de vraiment changer de tête.
Deux de mes amis se sont improvisés coiffeurs. Au début, je voulais me raser juste un côté. Mais j’avais les cheveux encore un peu long et ça ne se voyait pas. Au final, j’ai tout rasé !
L’anecdote intéressante c’est qu’en France, cela n’a pas été vraiment apprécié ! Alors qu’en Australie, ils ont adoré. Ici, les gens sont plus « libres » au niveau esthétique. Plus de personnes tatouées, piercées, plus de cheveux roses, bleus ou violets… alors une fille qui se rase la tête, ce n’est pas plus choquant que ça !
Ça parait peu, mais ça m’a fait du bien. C’était un début. Ça ne m’a pas « guérie », seul le temps est le remède pour une séparation, mais ça m’a déjà fait du bien.

La nouvelle tête

Donc après ce grand bouleversement, tu as enfin pu profiter ?

J’ai rapidement commencé à penser beaucoup plus à moi. Mon année avant de partir en Australie fut difficile, beaucoup de problème familiaux, qui ont traîné pendant des mois et des mois. Maintenant que j’étais ici, et célibataire, je ne voulais plus qu’une chose : penser à moi. Ça peut paraître égoïste dit comme ça, mais soyons honnête, c’est important de prendre du temps pour soi ! Et je n’avais pas eu cette occasion depuis très, très longtemps. J’ai enfin eu le temps de finir des projets personnels, en dessin et en écriture, qui étaient en stand-by depuis des années. Je me suis concentrée sur ma famille ici, passant beaucoup de temps avec eux, ou à discuter avec eux par téléphone. J’ai décidé de ne donner de nouvelles régulières qu’à mes parents et mon frère, afin de garder du temps pour moi.
Quand on part aussi loin aussi longtemps, donner des nouvelles à tout le monde prend vite beaucoup de temps. J’ai donc choisi de me consacrer au plus important, la famille. Si les gens voulaient des nouvelles, ils m’enverraient un message, tout simplement ! Je ne suis pas du genre à me vexer si on ne me demande pas de nouvelle, pour moi c’est « pas de nouvelle, bonne nouvelle ! », donc je n’en donnais qu’à ceux qui m’en demandaient. De toutes manières, je mets régulièrement des photos et autres news sur facebook, ce qui me paraît suffisant pour indiquer aux gens que je suis en vie et que tout va bien.

Maintenant, tout va mieux. J’ai un travail, des projets plein la tête, des nouveaux colocs vraiment cools, des amis géniaux, et le temps de penser à moi. Ce voyage a tout changé. Il m’a fait réaliser ce que je voulais vraiment dans la vie, m’a donné le temps de me consacrer à mes illustrations et mes idées farfelues, m’a fait découvrir un pays magnifique.

Tout le monde devrait avoir ce genre d’expérience. Se retrouver loin de ses habitudes, tout recommencer, permet de se recentrer, de voir ce qu’on veut vraiment. Ça permet de s’ouvrir au monde de manière non négligeable.
Tout les backpackers que je rencontre n’ont vraiment rien à voir avec les non-voyageurs. Voyager, ça ouvre l’esprit, ça ouvre les yeux. Il ne faut pas avoir peur d’aller vers les gens. Même si on ne parle pas bien la langue ! Ca permet d’apprendre, de découvrir. Ici tout est différent. Je ne regretterai jamais d’être partie, et recommande à tout le monde de partir. Que ce soit ici ou ailleurs, il faut tenter, essayer, que ce soit un an ou six mois, définitivement, ou temporairement. Si ça ne marche pas, ce n’est pas grave ! Mais il faut essayer. C’est un défi personnel que de changer de vie comme ça, de se séparer de tout et recommencer ailleurs. Ca fait du bien de le faire, on se sent plus fort, et, en effet, on finit par voir ce qu’on veut réellement. Découvrir le monde qui nous entoure, c’est une chance, il ne faut pas hésiter.

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Quel est le conseil que tu aurais aimé entendre avant de partir ?

Je n’ai pas vraiment manqué de conseils avant de partir, avec les expériences de mon frère j’ai entendu à peu près tout ce dont j’avais besoin.
Le plus dur c’est d’être aussi loin de mes parents, mais là encore, c’est la première fois que je partais de chez moi, et j’ai commencé en partant longtemps et très loin. Et puis, au final, avec Skype, le téléphone, les mails, on reste en contact facilement.

Si certains hésitent encore, je dirais : foncez. Vraiment, ça vaut le coup. Même si finalement vous rentrez au bout de deux mois parce que la famille et les amis vous manquent trop, ça vaut le coup. Voyager, c’est enrichissant, sur tous les points. Il faut simplement penser à un minimum d’organisation, et le tour est joué. Vraiment : foncez !

Merci Jeanne pour tes réponses !
Son site : jeannepouliquen.wordpress.com
Pour trouver des informations sur le Permis Travail Vacances pour l’Australie ou une autre destination, vous pouvez vous rendre sur pvtistes.net.